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Actualités

Objectifs

  • S'adresser aux professionnels qui souhaitent découvrir l'intérêt de cette approche thérapeutique méconnue, 
  • Informer en pratique, sur la cure et les soins,
  • Faire le point sur le niveau de preuves de l'efficacité de cette thérapeutique,
  • Bien délimiter les indications thérapeutiques qui s'imposent (et donc écarter les non-indications ou contre-indications),
  • Présenter ses développements (Ecole thermale du stress, sevrage de BZD).

Le lâcher prise : quel concept?

CORCOS MCe que nous apprend la clinique

Professeur Maurice Corcos, Professeur à l'université Paris-Descartes. Professeur de psychiatrie infanto-juvénile à l'université Paris-Descartes

De la maitrise… à la genèse d’un automatisme de répétition.

L’exemple de l’anorexie.

« Le registre de l’emprise, c’est-à-dire le registre de la motricité et de la sensation, de l’acte, est privilégié par rapport au registre (des émotions cnqr) et des représentations »[1].

Je n’ai pas de repères. Rien à quoi me tenir. Toutes ces sensations qui débordent.  Je ne sais pas quoi faire du plaisir. Je n’ai aucune capacité à m’abandonner.(…)

Si je ne comptais pas je me perdrais. Compter ça me rassemble. Je suis un puit sans parois,  une cellule sans murs »[2].

La conduite (intérieure) de l’anorexique est loin d’être irrationnelle (et c’est pourquoi ce n’est pas un comportement), mais si elle est affectivement passionnelle, et comme telle sourde à la raison, elle répond à une logique implacable, qui renvoie elle-même à un besoin impérieux. Celui du contrôle absolu (et qu’il lui faut maintenir coûte que coûte) sur les entrées et les sorties. La tyrannie ascétique de Melle A est soutenue par le dogme de la maîtrise.

Parmi beaucoup d’autres éléments, au fondement de son affection, il y aurait :

  1. Une peur intense de prendre du poids.
  2. Une distorsion perceptive de l’image du corps.
  3. Un déni de la maigreur et de ses conséquences.
  4. Une drôle de lutte (impulsive) contre l’impulsivité : activation immédiate d’une restriction alimentaire pour combattre une avidité d’ogre, une faim sans fin, qui ne se rassasie que de sa faim (son manque), et qui ne porte pas que sur l’alimentation et ne date pas de l’adolescence.

«  je me retiens pour ne pas me retenir. ».[3]

 « je ne mange rien à la mesure de mon appétit dévorant »[4].

« Suraffamée, je le suis plus que quiconque (…) dès mon plus jeune âge, j’ai souffert de la pénible impression de ne recevoir jamais que la portion congrue (…) j’avais faim de Nishiu-Sam (sa nounou ; nldr) de ma sœur et de ma mère (…) j’avais faim du regard de mon père (…) ma faim d’êtres humains était donc heureuse »[5].

Ça n’est pas commencer à théoriser que de poser, clinique à l’appui, que cette terreur d’être sans limite, et singulièrement de commencer à manger au risque que cela ne déborde, [cet excès, le trop], renvoie à un manque, un vide, une absence. Et que le renversement dans la boulimie (et pas seulement alimentaire) témoignera que la crainte, le fantasme de débordement était prégnant et qu’il visait (quand le contrôle est perdu) à combler ce vide en faisant le plein.

Ça n’est pas commencer à interpréter que de percevoir que cette conduite répond à une secrète et profonde nécessité, qui devient un besoin impérieux…l’ananké donc : pas même encore la question du désir et de la peur, mais celle du goût et du dégoût…au-delà et en deçà d’un hypothétique chaos neuronal hors sens. Melle A comme Jules Renard, l’auteur de Poil de Carotte, a « le dégoût très sûr » et se définit plus sereinement en disant Non plutôt que Oui. Et ce Non porte sur le passé et les terreurs primaires qu’il charrie, et non sur l’avenir.

Quand enfin lâchant sa maîtrise (le corps transformé, mais contenu dans son débordement par un caractère agressif/et tranchant) Melle A habitera alors son corps sa parole et dira enfin je.

Un Je libre, dégagé de la contrainte de répétition sans fin à la source du comportement de maitrise. Melle A cessera de résister, en cessant de craindre cette liberté dont elle croit ne savoir que faire. Faire et en faisant se faire ; se former, se déformer et se reformer ; se dégager de la fausse « sécurité » de l’automatisme rationnel de répétition… tel est le long travail à accomplir.

journées-psychiatriques-2019

Professeur Maurice Corcos, journées psychiatriques de Saujon-Royan 2019

[1] Paul Denis.

[2] Une patiente.

[3] Une patiente.

[4] Une patiente.

[5] Amélie Nothomb : Biographie de la faim ; Albin Michel. 2004.  

 

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